Livres 2026 (4): Les Oranges
Avec le printemps voici le temps des livres oranges:
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- Farhenheit 451 ****: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future (mais pas si lointaine ?) où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire, au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé. Recommandé je ne sais plus où, cet ouvrage de science fiction a été écrit dans les années 50... Quel visionnaire que ce monsieur Bradbury, je l'ai dévoré tant il me semblait qu'il décrivait presque notre société actuelle! A mettre entre toutes les mains!
- L'apiculteur ***: «Je recherche l'or du temps», a écrit le poète André Breton. Cette maxime aurait pu être celle d'Aurélien, le héros de ce roman d'aventures initiatique. Depuis qu'une abeille a déposé sur sa ligne de vie une fine trace de pollen doré, ce jeune Provençal de la fin du XIXe siècle ne rêve plus que de l'or - un or symbolique, poétique, qui représente bien plus que le métal précieux. Son rêve le décidera à se détourner des champs de lavande familiaux pour installer des ruches et fabriquer le miel le plus suave. Puis, après l'anéantissement de son travail par un violent orage, à partir pour l'Abyssinie, où l'attend une femme à la peau d'or, qu'il a vue en rêve... . Ce conte a été un moment de lecture délicieux, qui nous pousse evidemment à réfléchir à la vraie richesse et ce qu'il faut d'épreuves pour le réaliser.
- Ici n'est plus ici **: « Être indien en Amérique n'a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. ». À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d'une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d'une culture que l'Amérique a bien failli engloutir. À l'occasion d'un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l'expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux. Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, traduit dans plus d'une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n'est plus ici a été consacré « Meilleur roman de l'année » par l'ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award. Bien sûr aujourd'hui, le peuple natif américain est déraciné sur son propre sol et la réflexion de ces personnages natifs contemporains est éclairante; pourtant j'ai trouvé l'intrigue fouillis et confuse. Mais je peux comprendre que ce livre ait eu autant de prix aux US, car il a le mérite de nous mettre devant une réalité qu'au mieux on ne réalise pas ou qu'au pire on choisit d'ignorer.
- La famille Han *** : Fille aînée d'immigrés coréens, Casey Han a été élevée dans le Queens dans le respect des traditions et des valeurs de ses parents. Ceux-ci ont travaillé dur toute leur vie pour offrir à leurs enfants un bel avenir. Mais, à vingt-deux ans, Casey, tout juste diplômée de Princeton et sans ambition professionnelle, ne rêve que d'une chose : faire partie de la haute société new-yorkaise. Au grand désespoir de son père, elle refuse son admission en droit à Columbia et se retrouve sans travail ni argent. Jusqu'où Casey ira-t-elle pour accéder à ce monde étincelant de privilèges, de pouvoir et de richesse ? Min Jin Lee peint le portrait saisissant d'une jeune femme cherchant à s'affranchir de sa communauté, miroir d'une génération tiraillée entre le désir d'intégration et le poids des traditions. Après "Pachinko", son précédent roman sur les Coréens coincés au Japon, j'avoue que celui ci sur la difficulté pour les coréens de concilier leurs traditions avec les attendus occidentaux m'a aussi beaucoup plu! On s'attache aux personnages. Très agréable à lire.